Comment devenir auto-entrepreneur ? 

Le guide complet pour lancer votre activité simplifiée

Vous rêvez de lancer votre propre activité en toute simplicité ? Le régime de l’auto-entrepreneur, également appelé micro-entreprise, offre un cadre allégé pour démarrer. Que vous soyez demandeur d’emploi, étudiant, salarié, retraité ou profession libérale souhaitant diversifier vos revenus, ce statut peut être une porte d’entrée idéale dans le monde de l’entrepreneuriat. Ce guide complet vous explique comment devenir auto-entrepreneur, les démarches à suivre, les coûts à prévoir et les charges à anticiper, pour vous aider à déterminer si ce régime est fait pour vous.

Quelles sont les démarches à faire pour être auto-entrepreneur ?

Les démarches pour devenir auto-entrepreneur ont été centralisées et simplifiées. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création, de modification et de cessation d’activité doivent être effectuées en ligne via le Guichet unique, géré par l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Voici les étapes principales :

  1. Accéder au Guichet unique : Rendez-vous sur le portail e-procédures du Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr).
  2. Déclarer votre activité : Remplissez le formulaire de déclaration de début d’activité en ligne. Vous devrez fournir des informations personnelles, l’adresse de votre entreprise (même s’il s’agit de votre domicile), la nature de votre activité (code APE), et choisir la fréquence de vos déclarations de chiffre d’affaires et de paiement des cotisations (mensuelle ou trimestrielle).
  3. Fournir les justificatifs : Selon la nature de votre activité, des pièces justificatives peuvent être demandées (pièce d’identité, justificatif de domicile, etc.).
  4. Validation et immatriculation : Une fois votre dossier complet et validé, vous serez immatriculé au Registre National des Entreprises (RNE), qui remplace les registres existants. Vous recevrez une attestation d’immatriculation.

Bon à savoir : L’Urssaf propose un service d’accompagnement personnalisé pour vous aider à démarrer en tant qu’indépendant ou auto-entrepreneur : « Mes premiers mois avec l’Urssaf ».

Quel est le coût pour devenir auto-entrepreneur ?

L’un des avantages majeurs du régime de la micro-entreprise est la gratuité des formalités de création :

  • La déclaration d’activité en ligne via le Guichet unique est gratuite.
  • L’inscription au Registre National des Entreprises (RNE) est également gratuite, selon le type d’activité.

Cependant, certains coûts peuvent être à prévoir :

  • Stage de Préparation à l’Installation (SPI) : Pour les artisans souhaitant créer leur auto-entreprise, le SPI était obligatoire mais est devenu facultatif depuis la loi Pacte de 2019. Si vous choisissez de le suivre, il est facturé par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA).
  • Ouverture d’un compte bancaire dédié : Bien que non obligatoire pour les auto-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 10 000 € pendant deux années consécutives, il est fortement recommandé d’ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité pour une gestion financière claire. Des frais bancaires peuvent s’appliquer.
  • Assurance professionnelle : Selon la nature de votre activité, une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro) peut être indispensable, voire obligatoire. Le coût varie en fonction de votre secteur d’activité et du niveau de couverture.
  • Accompagnement payant : Si vous souhaitez bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour vos démarches, certains organismes (comme les centres de formalités des entreprises) proposent des services payants.

Quelles sont les charges à payer pour un auto-entrepreneur ?

Le régime de la micro-entreprise se caractérise par un système de charges sociales et fiscales simplifiées, calculées en pourcentage de votre chiffre d’affaires. Les taux varient en fonction de la nature de votre activité :

Pour les activités de vente de biens et d’hébergement :

  • Cotisations sociales : 12,8 % du chiffre d’affaires.
  • Impôt sur le revenu (optionnel, versement libératoire) : 1 % du chiffre d’affaires.

Pour les prestations de services commerciales et artisanales :

  • Cotisations sociales : 22 % du chiffre d’affaires.
  • Impôt sur le revenu (optionnel, versement libératoire) : 2,2 % du chiffre d’affaires.

Pour les professions libérales relevant de la Sécurité sociale des indépendants (ex-RSI) :

  • Cotisations sociales : 22 % du chiffre d’affaires.
  • Impôt sur le revenu (optionnel, versement libératoire) : 2,2 % du chiffre d’affaires.

Pour les professions libérales relevant de la Cipav :

  • Cotisations sociales : 22 % du chiffre d’affaires.
  • Impôt sur le revenu (optionnel, versement libératoire) : 2,2 % du chiffre d’affaires.

Autres charges potentielles :

  • Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) : Vous pouvez en être exonéré la première année. Les années suivantes, son montant dépend de la commune et de la valeur locative des biens utilisés pour votre activité.
  • Frais de compte bancaire, d’assurance, etc.

Important : Le régime de la micro-entreprise est soumis à des plafonds de chiffre d’affaires annuels. Pour 2023 à 2025, ces seuils sont de :

  • 188 700 euros pour les activités de vente de biens et d’hébergement (sauf location meublée).
  • 77 700 euros pour les autres prestations de services.

Le dépassement de ces seuils pendant deux années consécutives entraîne la perte du régime de la micro-entreprise.

Est-ce que ça vaut le coup d'être auto-entrepreneur ?

La réponse à cette question est subjective et dépend de votre situation personnelle, de la nature de votre projet et de vos objectifs. Le régime de l’auto-entrepreneur présente de nombreux avantages :

  • Simplicité administrative : Les démarches de création et de gestion sont allégées.
  • Calcul et paiement des charges simplifiés : Les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu (si optionnel) sont calculés en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé.
  • Possibilité de cumuler avec un autre statut : Salarié, demandeur d’emploi (avec maintien possible de certaines allocations), étudiant, retraité peuvent cumuler ce statut.
  • Seuils de chiffre d’affaires clairs.
  • Exonération de TVA en dessous de certains seuils (ce qui peut être un avantage pour vos clients non assujettis à la TVA).

Cependant, il présente aussi des inconvénients :

  • Plafonds de chiffre d’affaires limités qui peuvent freiner la croissance.
  • Déduction des charges limitée : Vous ne pouvez pas déduire vos frais réels (contrairement aux entreprises classiques).
  • Protection sociale parfois moins étendue qu’avec d’autres régimes.
  • Responsabilité illimitée sur votre patrimoine personnel.POP

En conclusion, le régime de l’auto-entrepreneur est particulièrement adapté pour tester une activité, démarrer une petite entreprise individuelle, ou générer un complément de revenus avec des formalités simplifiées. Il est essentiel d’évaluer attentivement vos besoins et vos objectifs pour déterminer si ce statut correspond à votre projet entrepreneurial. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des organismes compétents (Urssaf, Chambres de Commerce et d’Industrie, Chambres de Métiers et de l’Artisanat) pour obtenir des conseils personnalisés.

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